LA CYBERCRIMINALITE |
Par Maître Alexandra HAWRYLYSZYN |
| «Ce n’est pas à la personne humaine d’être l’esclave de la technique, c’est à elle de servir l’homme.» R. Savatier |
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La cybercriminalité est une notion floue et abstraite qui a vu le jour à la fin des années 1990. Elle désigne «toutes les infractions pénales susceptibles de se commettre sur ou au moyen d’un système informatique généralement connecté à un réseau.». Selon l’OCDE, la cybercriminalité s’assimile à «tout comportement illégal, ou contraire à l’éthique, ou non autorisé, qui concerne un traitement automatique de données et, ou de transmission de données».
La cybercriminalité est une des formes de délinquance qui connait actuellement la croissance la plus forte. La rapidité et la fonctionnalité des technologies modernes, conjuguées à l’anonymat qu’elles permettent, facilitent la commission de nombreux crimes et délits. En réalité, cet anonymat est une chimère. Outre les hackers et autres virtuoses du web, chaque internaute est assez aisément identifiable. Le titulaire de l’accès à Internet par un abonnement est une personne physique, ou morale, qui se voit attribuer temporairement, ou pour toute la durée de son abonnement, une adresse IP lui permettant de communiquer sur Internet. L’adresse IP correspond à un numéro qui permet l’identification de chaque ordinateur connecté à Internet et par conséquent, l’identification de son utilisateur. D’autre part, en matière d’investigation, les ordinateurs sont de véritables «réservoirs de preuves». Ce qui autrefois était consigné sur du papier a toutes les chances d’être aujourd’hui consigné sous forme numérique. Tout informaticien armé des bons outils peut retrouver et exhumer tous fichiers et dossiers compromettants pourtant soigneusement effacés. Il apparait que la cybercriminalité renvoie à 3 types d’infractions: |
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Le point commun de toutes ces infractions est qu’elles peuvent être commises à grande échelle. La distance géographique entre le lieu où l’acte délictueux est commis, et ses effets peut être considérable: un hacker basé à Strasbourg peut tout à fait pirater le système de sécurité d’une banque parisienne. |
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Le terme piratage désigne l’utilisation de connaissances informatiques à des fins illégales. |
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Le «spoofing» s’apparente au «hacking». Il désigne le fait d’intervenir dans les communications entre une ou plusieurs machines dans le but de se substituer frauduleusement à une ou plusieurs des machines. Cela permet d’intercepter des données, des correspondances, ou encore d’envoyer des données en usurpant l’identité du titulaire de la machine «spoofée». |
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| Le «carding» désigne la création de cartes virtuelles. C’est une fraude à la carte bleue. En effet, sur certains sites, il est possible d’acheter ou de vendre des accès à des comptes bancaires, des numéros de cartes volés, des copies de pistes magnétiques et des profils personnels complets. Le «skimming», quant à lui, désigne une opération frauduleuse qui consiste à faire des copies magnétiques des cartes bancaires à l’aide d’un lecteur mémoire appelé «skimmer». C’est également une fraude à la carte bancaire. Le code confidentiel peut ainsi être capté à l’aide d’une micro-caméra. Les données acquises sont inscrites sur les pistes magnétiques d’une carte contrefaite. Ces fausses cartes peuvent alors être utilisées dans les commerces ou pour des retraits de numéraires dans les distributeurs automatiques de billets. L’article L163-4 du Code monétaire et financier punit de sept ans d’emprisonnement et de 750000€ d’amende, «le fait de contrefaire ou de falsifier une carte de paiement ou de retrait, de faire ou de tenter de faire usage, en connaissance de cause, d’une carte de paiement ou de retrait contrefaisante ou falsifiée, d’accepter, en connaissance de cause, de recevoir un paiement au moyen d’une carte de paiement contrefaisante ou falsifiée». |
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Le «scamming» désigne toutes les arnaques faites par le biais d’Internet. Les arnaques sont multiples mais elles ont toutes pour but d’obtenir de la victime qu’elle effectue un virement depuis son compte bancaire. |
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Le «spamming» désigne l’envoi de courriers électroniques non sollicités. Tous les internautes ont déjà reçus des «Spams», ces courriers qui ont pour effet de «pourrir» les boîtes mail. En France, on parle d’ailleurs de «pourriels». |
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La cryptologie désigne la technique qui consiste à crypter un message afin de le rendreinintelligible à celui qui ne possèdepas la clé de décodage. En France, l’usage de la cryptologie est libre depuis la loi pour la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004. |
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Le «google bombing», ou «bombardement google», désigne l’activité qui consiste à diffuser en masse une information. Cette technique n’est pas illégale en soi. En effet, ce phénomène ne relève ni du piratage ni d’une quelconque faille, il exploite simplement la manière dont Google organise les résultats de recherche sur ses pages. |
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Le cracking désigne en informatique, l’opération de faire un «crack» ou un «déplombage» de logiciel. C’est l’activité consistant à contourner un système de protection d’un logiciel ou plus généralement d’une œuvre, puis éventuellement à mettre à la disposition du public la nouvelle version du logiciel ou de l’œuvre. |
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Les fraudeurs semblent particulièrement attirés par les nombreux sites de ventes aux enchères en ligne. Le fraudeur peut aussi bien être le vendeur que l’acheteur. |
La Cybersexualité |
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La pédopornographie par Internet constitue une forme particulièrement grave d’exploitation sexuelle des enfants. A ce jour, on compte environ 100000 sites consacrés à la pédopornographie. |
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Comme tous les délinquants, les proxénètes ont de plus en plus recours à Internet pour développer leurs activités délictueuses. Ils encourent, dès lors, des peines aggravées. |
Le téléchargement illégal |
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Le développement d’Internet est aussi au cœur du débat concernant le respect des droits de la propriété intellectuelle. Des millions de fichiers de musique et de films sont téléchargés illégalement grâce à des logiciels «peer to peer», ce qui justifie la mobilisation des auteurs qui entendent protéger leurs créations. |
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