| L’ETAT DES PRISONS EN FRANCE | |
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L’Administration pénitentiaire dispose de crédits très insuffisants pour faire face à la construction et à l’entretien des maisons d’arrêt. Dans le même temps, la population pénale, depuis une quinzaine d’années, n’a cessé de croître. Situation actuelle et à venir
Notre pays compte 62 700 détenus pour 50 000 places de prison effectivement disponibles. Cette surpopulation carcérale a des conséquences graves:
La loi d’orientation et de programmation pour la Justice (LOPJ), du 9 septembre 2002, prévoit la réalisation d’un ambitieux programme de modernisation du parc immobilier. Affecté à l’administration pénitentiaire, ce projet encadre l’élaboration de 13200 nouvelles places de détention entre 2004 et 2012. Parallèlement, un programme d’amélioration de la qualité des lieux permettra de mieux prendre en compte le nécessaire respect des personnes. Critiques Régulièrement, les prisons françaises font l’objet de reproches, que ce soit au niveau national comme international. En 2003, un rapport du Comité européen de prévention de la torture, organe du Conseil de l’Europe, avait fait état de «traitements inhumains et dégradants» dans les prisons françaises, conséquences de leur surpopulation. De plus, les conditions de vie particulièrement difficiles en prison accroissent la gravité des maladies mentales et provoquent de nombreuses dépressions. Par ailleurs, chaque établissement pénitentiaire dispose d’une bibliothèque accessible à toutes les personnes incarcérées. Cependant, ce lieu de culture est souvent trop restreint par rapport aux normes recommandées. Ce constat est problématique, d’autant que cet espace constitue un des éléments de parcours de réinsertion ou d’insertion d’un détenu. Concernant le maintien des liens familiaux, se pose le problème des parloirs. Plusieurs affaires ont mis en exergue les lacunes de la France au niveau pénitencier. La dernière en date a condamné l’Etat à verser entre 5000 et 6000 euros à trois anciens détenus de la maison d’arrêt de Nantes. En effet, une expertise avait été menée durant leur incarcération, et celle-ci a prouvé que les conditions de leur détention ne correspondaient pas à un traitement digne de la personne humaine. De ce fait, le droit français ainsi que le droit européen se sont vus totalement bafoués. Les institutions européennes ne cessent de dénoncer ces problèmes. Mais les politiques pénales mises en place en France ne permettent pas une amélioration du système carcéral. La sévérité répressive, demandée aux juges, ne fait qu’augmenter le nombre de détenus dans nos prisons, alors que celles-ci sont déjà surpeuplées. Albert Camus a dit: « une société se juge à l’état de ses prisons». Aujourd’hui le président les qualifie de «honte» pour notre République. Nous sommes parmi les plus mauvais du classement européen dans ce domaine. Cette place est due à l’état de vétusté et de délabrement des établissements, ainsi qu’à la surpopulation. Cependant, le Conseil de l’Europe et la Cour Européenne des Droits de l’Homme constituent un frein majeur à l’abomination dont souffrent les prisonniers. En effet, ces institutions permettent de ne pas aller trop loin dans l’horreur, en imposant des normes supranationales, garantissant et consacrant notamment le respect de la dignité. Une loi française de 1875 dispose qu’un détenu doit bénéficier d’une cellule individuelle. Ce principe est aujourd’hui loin d’être appliqué. Le problème de la surpopulation ne peut se résoudre rapidement, quand bien même des nouvelles prisons sont construites ou en construction. Actuellement, dès qu’un établissement pénitentiaire ouvre ses portes, il est aussitôt rempli et dépasse même ses capacités d’accueil. Selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté Jean-Marie Delarue, quatre mots peuvent être employés, afin de dénoncer l’état de nos prisons: vétusté, brutalité, pauvreté, indignité. Il souligne également l’absence d’humanité dans les établissements. |
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